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Maryse Levacher Clergeot :: Blog


23
fév 10
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Les vaccins ne sont pas, à tort, considérés comme des médicaments comme les autres. En effet, le bénéfice individuel conféré par un vaccin est difficile à percevoir et les inconvénients ou accidents qui peuvent en résulter paraissent inacceptables. La fréquence des maladies infectieuses «évitables» étant tombée à des niveaux négligeables dans les pays bénéficiant d’un système de santé développé, en grande partie grâce à la vaccination, les préoccupations de sécurité ont nettement pris le pas. Plusieurs campagnes vaccinales ont malencontreusement contribué à discréditer les vaccins auprès de l’opinion publique. Il n’est que de citer l’exemple, en France, de la vaccination contre l’hépatite B. Les média traditionnels scientifiques ont participé à cet état de fait. Ainsi, le Lancet vient seulement de désavouer officiellement une publication qui avait fait grand bruit en Grande-Bretagne, et qui suggérait un lien entre la vaccination contre la rougeole et l’autisme, mettant fin à une polémique de plus de 20 ans.
Si une vague anti-vaccins se propage indéniablement sur le net depuis une dizaine d’années (1, 2) qu’en est-il des nouveaux réseaux sociaux? Dans quelle mesure les acteurs du Web 2.0 peuvent-ils contribuer à relayer voire amplifier la défiance générale à l’égard des vaccins? Une analyse du site communautaire MySpace nous en donne un aperçu (3). Plus de 300 blogs, très majoritairement américains et discutant du vaccin contre les Papilloma virus (HPV) ont été évalués. Il ressort de cette étude que les débats y reflétaient les polémiques en cours à travers les canaux classiques durant la période d’observation (2005-2008) avec une distribution équilibrée d’avis favorables (52%) et défavorables (43%). MySpace est un site social très populaire, cependant la proportion de blogs y discutant de la vaccination anti-HPV est restée relativement faible alors que l’étude coïncidait avec l’introduction très controversée de la vaccination anti-HPV dans de nombreux programmes de santé publique aux USA.
En est-il allé autrement lors de la récente pandémie grippale? Probablement ! Le fait révélateur est que les instances responsables de Santé publique ont largement utilisé Facebook ou Twitter, tels des chevaux de Troie au sein des communautés virtuelles. Ainsi, @FluGov a envoyé plus de 1000 tweets entre juin 2009 et février 2010 et @CDCFlu peut s’enorgueillir de plus de 23000 abonnés sur Twitter, l’OMS @whonews n’étant pas en reste avec plus de 30000 abonnés ! @SantéCanada ainsi que @GrippeMontreal ont fait entendre également leur voix dans le concert des polémiques autour des vaccins anti-H1N1. On ne peut encore juger de l’impact que cela aura eu sur l’opinion publique, mais on peut dores et déjà regretter que les instances de santé françaises soient restées absentes des réseaux sociaux, malgré des efforts de communication indéniables sur le site internet officiel du Ministère de la Santé et des Sports.

  1. Vaccine criticism on the World Wide Web. J Med Internet Res. 2005 Jun 29;7(2):e17
  2. YouTube as a source of information on immunization: a content analysis. JAMA. 2007 Dec 5;298(21):2482-4
  3. An analysis of the Human Papilloma Virus vaccine debate on MySpace blogs. Vaccine. 2009 Dec 8
22
fév 10
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La première année commune aux études de santé sera instaurée à l’automne prochain en France afin de donner aux étudiants en médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique des perspectives de réussite et de réorientation plus étendues.
Cependant, la sélection des candidats souhaitant s’engager dans des études de santé ne concerne pas que la France. Un éditorial du British Medical Journal aborde le sujet sous un angle sensiblement différent (1). Les procédures de sélection s’appuient encore dans de nombreux pays sur des performances académiques, que ce soit avant l’entrée en première année, ou après une à plusieurs années dans le cursus. Dans certains pays, des qualités personnelles sont également prises en considération : lettres de motivation, entretiens, … Toutefois, ce mode de sélection a eu pour conséquence une augmentation du niveau des candidats, rendant la sélection de plus en plus difficile. Par ailleurs, il a introduit, selon les éditorialistes du BMJ, un biais favorisant les étudiants des classes sociales aisées. En 2006, plusieurs facultés de médecine britanniques ont ajouté un test d’aptitude, UK Clinical Aptitude Test, à leur processus de recrutement. Ce test a pour objectif d’évaluer les capacités intellectuelles des candidats : logique, raisonnement abstrait ou analyse décisionnelle; toutes qualités considérées comme importantes pour de futurs médecins et indépendantes de leur niveau de connaissances. Le bilan de l’utilisation de ce test d’aptitude n’est pas satisfaisant, car il n’introduit pas davantage de diversité socio-économique parmi les étudiants recrutés (2).
Ces constats incitent certains à proposer une sélection fondée davantage (mais pas exclusivement) sur des tests de personnalité évaluant outre des capacités intellectuelles, des qualités morales, éthiques, un sens des responsabilités sociales, des capacités relationnelles, la résistance au stress, une stabilité affective, … (3, 4). A quand l’analyse des profils sur Facebook pour le recrutement des futurs médecins?
Avant de résoudre la délicate question du "comment mieux sélectionner", il importe de répondre à la question primordiale: quelles doivent être les qualités les plus importantes pour les prochaines générations de médecins?

  1. Improving the selection of medical students, BMJ 16 February 2010 
  2. Comparison of A level and UKCAT performance in students applying to UK medical and dental schools in 2006: cohort study. BMJ 16 February 2010 
  3. A comprehensive model for the selection of medical students. Med Teach. 2009 Dec;31(12):1066-72. 
  4. Personality scale validities increase throughout medical school. J Appl Psychol. 2009 Nov;94(6):1514-35.
 

Mots-clés : Etudes de médecine, Formations de santé, Médecine, Santé, Université

27
jan 10
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On nous annonce un «huis clos sur le net» à l’initiative des Radios Francophones Publiques. Durant cinq jours, cinq journalistes francophones n’auront plus accès à l’actualité autrement que par le canal des réseaux sociaux qui s’expriment sur Facebook et Twitter. Dores et déjà, près de 400 «followers» s’apprêtent à suivre sur Twitter: @HuisclosNet, cette aventure  qui débutera le 1er février ! Cette expérience d’information collective fera-t-elle la démonstration de la légendaire « sagesse des foules » et corroborera-t-elle le théorème de Condorcet qui veut que la probabilité que la majorité du groupe dise juste croît avec la taille du groupe ?
Que les spécialistes de Sartre me pardonnent ce détournement de la citation originale du célèbre Huis clos !

21
déc 09
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Depuis Mithridate, nous sommes à la recherche d’une panacée, ultime antidote à tous nos maux. Entre 1950 et 2008, 1222 nouveaux médicaments (1103 nouvelles entités chimiques et 119 produits issus des biotechnologies) ont été approuvés par la FDA. Cependant, l’analyse de ces 60 dernières années d’innovation pharmaceutique, publiée dans l’édition de décembre de Nature Reviews Drug Discovery (1), dresse un tableau pessimiste du futur. En effet, malgré une augmentation exponentielle des investissements de Recherche et Développement, le nombre de nouveaux médicaments approuvés reste constant: environ un nouveau médicament par entreprise tous les 6 ans et pas plus de un nouveau médicament par an pour les entreprises couronnées de succès!
Pour assombrir le panorama, les médicaments actuellement disponibles subissent une véritable crise de confiance. Les défaillances du système par lequel les médicaments sont évalués, régulés et enfin promus sont régulièrement dénoncées. Dernièrement, les éditorialistes du BMJ exigeaient davantage de transparence et demandaient que l’intégralité des données des essais concernant l’oséltamivir (Tamiflu®) soit accessible à la communauté scientifique (2). S’appuyant sur un article analysant les informations issues de la base de données Cochrane (3), le BMJ jetait le doute sur l’efficacité et la sécurité de l’oséltamivir (4).
De nombreuses procédures ont été mises en place par les autorités afin d’améliorer la transparence des données de recherche clinique (5). De plus, les principaux journaux médicaux exigent une déclaration des conflits d’intérêt par les auteurs, avant publication. Certains journaux allant jusqu’à imposer q’une analyse statistique des données soit pratiquée par une instance indépendante (6). Cependant, l’exemple actuel de l’oséltamivir indique clairement les limites du système et illustre la nécessité d’une nouvelle organisation de la connaissance du médicament ouverte et fondée sur l’expertise collective, que nous pourrions appeler la pharmacologie 2.0

  1. Lessons from 60 years of pharmaceutical innovation. Nat Rev Drug Discov. 2009 Dec;8(12):959-68.
  2. Why don’t we have all the evidence on oseltamivir? Editorials: BMJ, Dec 8, 2009

  3. Neuraminidase inhibitors for preventing and treating influenza in healthy adults: systematic review and meta-analysis. BMJ, 2009 Dec 8;339

  4. Neuraminidase inhibitors—the story behind the Cochrane review. BMJ, Dec 8, 2009

  5. Progress and deficiencies in the registration of clinical trials. N Engl J Med 2009;360:824

  6. Reporting conflicts of interest, financial aspects of research, and role of sponsors in funded studies. JAMA 2005;294;110-1

24
nov 09
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Un hommage du British Medical Journal à John Crofton décédé à l'âge de 97 ans. Ce pionnier publia les résultats du premier essai contrôlé randomisé dans un article du BMJ en 1948 et qui concernait la streptomycine dans le traitement la tuberculose. Plus tôt cette année, John Crofton avait répondu à une interview destinée à promouvoir les archives du BMJ dorénavant consultables librement en ligne et qui remontent à 1840. A cette occasion, il avait expliqué comment les essais randomisés et en aveugle ont contribué à fonder sur des preuves l’efficacité des médicaments.
Streptomycin Resistance in Pulmonary Tuberculosis. BMJ Dec 1948; 2: 1009 - 1015.

24
nov 09
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Une table ronde sur les média sociaux et leurs usages actuels au sein de l'Université de Harvard s’est tenue le 18 novembre dernier à l’initiative du Harvard University Social Media User Group (1). Les intervenants y ont présenté en détail leur stratégie, les objectifs et les leçons apprises avec les média sociaux. L’évolution des communications numériques doit répondre selon Perry Hewitt (2), Director of Digital Communications and Communications Services, Harvard Public Affairs & Communications, à plusieurs questions : Quels sont les publics à viser, comment penser à eux ? Quelle est la stratégie à mettre en œuvre pour y arriver? Quels sont les partenariats utiles ? En quoi les technologies sociales changent les modes de communication numériques traditionnels ? On peut le constater les média sociaux constituent un défi même à Harvard où est né Facebook ! La notoriété de Harvard n’est pas des moindres, mais elle est actuellement confrontée à la nécessité de préserver sa visibilité dans le web social. Harvard y est largement représentée depuis Facebook, YouTube jusqu’à Twitter où chaque composante a développé sa propre image : Harvard Med School @harvardmed, Harvard Low School @Harvard_Law,… à côté du blason prestigieux de Harvard University @Harvard.
Cependant, s’engager dans le web social nécessite une contribution significative au contenu. En mai 2009, la Harvard Business School a suivi plus de 300000 utilisateurs de Twitter choisis au hasard (3). Il en ressort notamment que 10% d'entre eux seulement sont à l'origine de plus de 90% du contenu !

23
nov 09
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Selon une analyse publiée dans la revue Cell du 13 novembre dernier, vingt ans d’évaluation des activités de recherche des universités britanniques ont coïncidé avec une reconaissance de leur statut international. Selon le dernier rapport (Research Assessment Exercise - RAE2008) 54% de la recherche menée par 159 établissements de l’enseignement supérieur britannique est de niveau international. Mais alors même que d’autres nations cherchent à imiter cette approche, des critiques intérieures remettent en question ses conséquences sur la vie universitaire. Cela tient en partie à ce que cette évaluation était essentiellement quantitative, certains demandant une évaluation qualitative. Le Research Excellence Framework (REF) est désormais le nouveau système d'évaluation de la recherche des établissements de l’enseignement supérieur au Royaume-Uni. L’accent sera mis sur les productions sous forme de publications mais aussi sur leur impact sur l’économie, la société et la qualité de vie. Enfin l’environnement de la recherche sera également pris en compte, c'est-à-dire la capacité à soutenir un flux continu d’excellence, et la formation de chercheurs de troisième cycle. Le bilan de cette nouvelle approche sera publié en 2013.

The RAE: An Assessment Too Far? Cell. 2009 Nov 13;139(4):643-6
16
nov 09
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Les neurophysiologistes sont sans doute en mesure de nous expliquer pourquoi Twitter est devenu emblématique de la liberté d’expression. Ils savent en effet que les grands primates perdent pour la plupart leur capacité à émettre des « twitter calls » lorsqu’ils sont en captivité (1). En cette année du bicentenaire de la naissance de Charles Robert Darwin (2), alors que ses travaux font toujours l'objet de nombreuses controverses à la lumière de certaines idéologies (3), Twitter deviendrait la confirmation ultime de nos origines et la preuve irréfutable de notre liberté !

  1. On cortical coding of vocal communication sounds in primates. Proc Natl Acad Sci U S A. 2000 Oct 24;97(22):11843-9.
  2. Global Darwin: Revolutionary road. Nature. 2009 Nov 12;462 (7270):162-3.
29
oct 09
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A la veille de la publication du septième classement de Shanghai, voici une étude comparative de cinq classements internationaux : celui de Shanghai, de l'École des Mines, du Times Higher Education, du Financial Times et celui du CHE allemand. Par ailleurs, le projet européen d'un classement multidimensionnel des universités dans le monde, qui avait pour objectif de mieux valoriser nos établissements d'enseignement supérieur, évolue actuellement  vers une cartographie des points forts et des points faibles de chaque université.

Vers quel classement européen des universités ? Étude comparative du classement de Shanghai et des autres classements internationaux. Institut Thomas More, 23 octobre 2009

16
oct 09
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Le British Medical Journal nous annonce pour janvier 2010 une évolution du format des articles de recherche qui paraîtront dans son édition "papier". Les auteurs sont appelés à adopter le format Pico, présentant la quintessence de leurs travaux (1). Les articles de recherche longs ne seront désormais publiés que dans l'édition électronique BMJ.com!
Le British Medical Journal est un précurseur dans l’usage d’Internet. Depuis 1995, cette revue médicale britannique s’est appropriée le cyberespace, en développant sa parution électronique (2). Cette décision fut alors très controversée, certains prophétisant la mort des revues médicales (3) ! Aujourd’hui, on pourrait affirmer le contraire, les revues médicales et scientifiques qui n’utilisent pas les technologies numériques de la communication sont condamnées! Numérisation des archives papier, publication électronique anticipée, fils d'informations RSS, portails thématiques (H1N1 Influenza Centre), documents vidéo en ligne (Nature's online video) et podcasting, la métamorphose a été spectaculaire. Sans oublier Twitter avec sa question désormais incontournable: "What are you doing?" à laquelle répondent déjà le New England Journal of Medicine, le JAMA et le BMJ. Incontestablement, le microblogging a influencé les éditeurs du BMJ, et  s'inspirant de Boileau, les futurs piconeers devront suivre cette recommandation : "Soyez bref avec art"!

  1. BMJ pico for original research in the print BMJ. BMJ 2009;339:b3168
  2. The death of biomedical journals. BMJ. 1995 May 27;310(6991):1387-90
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