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J’ai réalisé cette interview de Guirec Marechal le 6 juillet dans le but de le faire connaître sur le web afin d'augmenter la notoriété de son site en profitant du bon référencement de RénéD J'avais décidé d'attendre la rentrée avant de publier cette interview afin qu’elle ait une plus grande d’audience. Entre temps, le projet Notreinfo a été suspendu, après quelques hésitations j'ai décidé de la publier. Guirec pouvez-vous nous décrire votre parcours professionnel
J’ai démarré en tant que stagiaire à 20 ans à l’agence Gamma alors que j’étais étudiant en Sciences-Eco. Gamma m’a embauché en tant que rédacteur au service « américain ». Puis je suis parti à Pnom-Penh pour l’Agence pendant près de un an. Par la suite, pendant mon service militaire, j’ai géré le retour des informations de la guerre du Golf au sein du SIRPA, le service de presse des armées, durant mon service militaire. De retour chez Gamma, j’ai été envoyé à New-York, Par la suite j’ai géré le retour des informations de la guerre du Golf au sein du SIRPA, le service de presse des armées, durant mon service militaire. puis je rejoins le desk étranger de l’AFP, à Paris. J’ai enchaîné par la guerre en Bosnie comme correspondant pigiste accrédité par Europe1 pendant deux ans. C’est à mon retour des Balkans que je crée ma première société de presse qui avait pour but de drainer les reportages spontanés des personnes vivant à travers le monde. Ma société était composée de six journalistes et je suis parti en Russie car il s’y passait beaucoup de choses. J’ai revendu ma société puis j’ai passé un MBA (Master of Business of Administration). En 1998, j’ai intégré un cabinet de stratégie comme directeur des études du pole média.au BIPE (filiale de la CDC ). j’y ai notamment effectué une mission de 18 mois pour la commission Européenne dont le but était d’évaluer les interfaces entre le développement du numérique Terrestre (TNT) et internet. En 2002 j’ai été recruté par LANVAR l’agence de l’innovation, devenu OSEO, comme directeur adjoint de la stratégie en charge du financement des projets innovants. Et enfin en octobre 2006 j’ai quitté le groupe pour monter Notreinfo. Pouvez-vous nous décrire le concept de notre info ? Notreinfo est né de l'association de l’idée que l’information de proximité avait une très forte valeur en terme d’affect et de transfert et du concept que j’avais lancé en 1995, l’information fournie par les personnes qui vivent les événements. Pour qu’un site de ce type ait un avenir sur Internet l’information déposée doit entrer dans un cadre qui justifie sa crédibilité, elle doit être validée et vérifiée sinon le média ne peut perdurer. Notreinfo permet une information de proximité encadrée par des journalistes Quelle est la différence entre ce site et les autres sites de presse du type Agoravox ou Rue 89 ? Agoravox, ce sont des précurseurs, mais ils ont une approche généraliste qui s’appuie plus sur du témoignage d’opinion que sur du témoignage sur la vie locale. La position de Rue89 est un peu différente, car sur leur site leur information provient à 80 % des journalistes et ils y associent de temps en temps le point de vue du public. C’est une autre approche tout aussi pertinente mais qui reste sur de l’information généraliste. Quel est l’intérêt d’un média supplémentaire ? C’est une autre forme d’information, aujourd’hui nous sommes à une époque où le public peut s’exprimer via le net de manière de plus en plus indépendante et avec un sens critique plus développé. C’est ce qui fait le terreau d’un bon journal participatif N’est-ce n’est pas dangereux pour la presse écrite ? La presse écrite à l’obligation d’être plus performante en matière d’investigation. L’arrivée du média participatif va contraindre la presse à plus de rigueur et à se recentrer sur le vrai métier de journalisme, le journalisme d’investigation qui est bien développé dans la presse anglo-saxonne mais assez peu en France. Faut-il inciter les internautes à écrire par une rémunération ? C’est absurde pour deux raisons. La première, lorsque quelqu’un a envie d’écrire c’est qu’il a envie de communiquer sur quelque chose. Il va donc choisir le média qui lui assurera une forme de sérieux et de crédibilité. C’est une démarche de valorisation. La mission de notreinfo c’est de garantir que ce qui va apparaître est sérieux. Cette envie de communiquer n’a rien à voir avec l’argent. Si nous entrons dans un système payant, cela va pervertir la valeur de l’information que nous recevons (Hors schéma du scoop vidéo ou photo). Revendiquer un discours contraire serait méconnaître la psychologie qui est associé à l’information. Quelle sera votre ligne éditoriale si le principe du site est participatif, comment allez-vous veiller à son respect ? Nous sommes positionnés sur l’information de proximité, il n’y a pas de petites informations, il y a simplement des informations dans laquelle d’autres peuvent se reconnaître. Si cette information est bien exprimée, elle trouvera un large public capable d’y adhérer. Cela implique une notion d’affect. C’est le fond de notre positionnement, nous nous devons d’être représentatif d’une région et ne pas tomber dans le piège des revendications qui colorent de façon insidieuse l’information. Il s’agit de bien représenter le schéma politique, social et culturel d’une région. Votre équipe valide tous les articles n’y a-t-il pas un risque de censure ? Non car il ne s’agit pas de contrôler des idées ou du débat mais de veiller au respect d’une ligne éditoriale ou chacun peut se reconnaître et de garantir le sérieux de l’information que nous mettons en ligne. Ce n’est pas une censure, c’est un contrôle. Le principe de la censure est de masquer une vérité alors le contrôle permettra de rendre le journal sérieux et crédible. Quelles sont les règles claires à respecter afin que l’article ou le texte soumis soit publié ? Les règles d’éthiques classiques qu’il faut appliquer pour être dans un schéma sérieux. Pas de propagande extrémiste, pas de diffamation et respect de la vie privé… N’allez-vous pas nuire aux journalistes de profession ? Bien non, le monde l’information a changé, notre travail c’est de produire une information encadrée par des journalistes professionnelles. Il y a deux types de presse. Celle où les journalistes sont en phase avec le secrétariat de journalisme, ou des professionnels relisent et structurent l’info et sont le dernier filtre avant la diffusion... Celle qui cherche à présenter une information différente en apportant de la valeur ajoutée, investigation, enquête…Cela recentre le métier du journalisme. D’un coté il s’agit d’animer l’information qui existe et de l’autre il s’agit d’un réseau qui produit. Notreinfo existe depuis trois mois quels sont aujourd’hui vos enjeux et les clefs de votre réussite ? L’enjeu numéro un de Notreinfo c’est le « Dealflow », c'est-à-dire que notreinfo.fr soit connu dans le moindre petit village de France. C’est un enjeu de « réseautage ». Notreinfo s’inscrit tout à fait dans l’ère du web participatif après 90 jours d’existence.Qu’est-ce qui a changé dans votre regard sur le web 2 ? Ce qui m’a étonné, c’est qu’aujourd’hui nous sommes dans une phase ou tous les acteurs du web20 média recherchent le modèle vertueux qui associe à la fois un modèle économique viable et une crédibilité. Ce qui m’a fasciné c’est que les courants changent très vite et qu’il faut s’appuyer sur ses propres convictions car on entend tout et son contraire Ma conviction est que l’avenir des médias participatifs sur le net appartiendra à ceux qui sont capables de démontrer la crédibilité de l’information qu’ils diffusent et ce de façon pérenne.
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