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Les billets :: Vues d'enseignants


02
nov 09
user icon Ayant pendant longtemps dispensé des enseignements à caractère méthodologique dans le domaine du traitement de données pour les sciences humaines et sociales, je sais combien certains problèmes liés à l’utilisation de traitement statistiques insistent. Ils témoignent souvent d’une connaissance insuffisante des principes qui les sous-tendent ou d’une absence de réflexion sur ce qui est en jeu. L’observation des productions d’étudiants montre que ces principes ne sont pas toujours suivis, les tableaux et graphiques semblant parfois avoir dans l’esprit de leurs auteurs une vertu simplement cosmétique, sans parler de l’utilisation en aveugle de tests d’hypothèse… Ce billet de blog ne va évidemment pas tenter l’expérience désespérée de proposer des solutions à ces problèmes ; mais il aimerait rappeler quelques principes très simples.

1. À propos de pourcentages et de chiffres significatifs

1.1. Quelques principes élémentaires

À première vue, quoi de plus familier qu’un pourcentage ? Le mot revient de manière fréquente dans les médias et chacun, je pense, a une certaine représentation de ce qu’est une augmentation de 10 % ou bien une TVA à 19,6 % ou bien de 50,6 % de voix à une élection. En revanche, il est un peu moins immédiat de savoir quelle diminution représente – en théorie une baisse de la TVA de 19,6 % à 5,5 % (cela requiert un peu de calcul mental).

Souvent on cherche, en SHS, quelle est la proportion d’une population qui possède telle ou telle caractéristique. Ainsi, 19 % d’une population de 1 000 personnes représente 190 individus.

Dire que 18,6 % d’une population de 100 personnes a telle ou telle qualité a peu de sens. (On est autour de 2/10). C’est encore plus vrai quand les effectifs sont encore plus faibles. Dans ce cas des pourcentages, avec des chiffres après la virgule, n’a pas de sens.

1.2. Un exemple

Il est important qu’apparaissent toujours clairement les effectifs sur lesquels sont calculés les pourcentages. Le tableau ci-dessous présente les résultats à la session de qualification aux fonctions de maître de conférences en sciences de l’éducation en 2009. Il montre une réussite légèrement meilleure des femmes, dont un test du chi2 indique qu’il correspond à une probabilité de 0,335 d’écart à l’indépendance.

 

oui

non

Total

H

29%

71%

142

F

35%

65%

186

Total

33%

67%

328

Tableau 1 : réussite à la qualification en sciences de l’éducation par genre, 2009

Il convient de le répéter, il n’y a pas de statistique des petits nombres. Et il faut toujours donner les effectifs absolus relatifs aux pourcentages. Et éviter de donner des nombres dont les chiffres sont non significatifs. Si l’échantillon est petit, la prudence est de rigueur.

2. À propos de tableaux et graphiques

2.1. Principes élémentaires

Le principe ici est d’éviter la redondance, de manière à focaliser le lecteur sur ce qui est vraiment important. Un principe de parcimonie est utile. Par exemple, si on a, dans telle population, une proportion de 60 % de femmes, il est inutile de faire un graphique montrant, par exemple, un histogramme avec les hommes et les femmes, car il est très facile de comprendre que les hommes seront 40 %. C’est bien entendu plus généralement vrai avec toutes les variables prenant deux modalités.

Autre idée : la présentation d’histogrammes tridimensionnels est le plus généralement distractrice.

Et surtout, éviter de présenter des graphiques sans interprétation ! Des graphiques très simples peuvent souvent donner des indications précieuses.

2.2. Exemple

La moyenne d'âge des candidats à la qualification aux fonctions de maître de conférence en sciences de l’éducation en 2009.est de 42,1 et l’écart type de 9,2, ce qui est assez important. Ces données sont bien entendu insuffisantes pour caractériser la distribution. Le graphique suivant montre la forme de cette dernière

Illustration 1: Distribution des âges des candidats à la qualification aux fonctions de MC, 2009, 70e section

 Il est facile de voir que cette distribution ne saurait en aucun cas être du type Laplace-Gauss. Elle signale l’existence de plusieurs sous-populations : des jeunes ayant préparé le doctorat dans leur formation initiale, des moins jeunes ayant exercé une autre activité avant de se tourner vers la thèse et ce qu’on pourrait appeler des seniors, s’étant tournés vers la recherche après 45 ans.

On peut se demander comment se répartissent les âges des qualifiés et des non qualifiés.

Le principe a été de représenter la distribution de l’âge (arrondi à l’année supérieure) pour les deux sous populations, en utilisant la technique des « boîtes à moustache ».


Illustration 2: distribution des âges en fonction du résultat à la qualification, 2009

On observe que les ages se distribuent de manière assez similaire de 27 à 63 ans, les qualifiés étant cependant un peu plus jeunes. Un quart des candidats environ a moins de 33 ans et un quart plus de 50. La médiane est du même ordre pour les deux populations.

Pour analyser plus avant, il conviendrait de rechercher l’influence d’autres variables, mais cela sortirait du cadre de ce billet.

3. À propos de tests statistiques

La prudence est particulièrement de rigueur lorsqu’on applique des tests d’hypothèse. Voici un exemple tiré d’une publication récente, dont je préfère taire la source.

Les auteurs considèrent deux groupes de 15 personnes (ce qui est très peu), dont ils comparent les scores à certaines questions. Pour l’une d’elles ils concluent, sur la foi d’un test de Student, que le groupe A réussit mieux que le groupe B, la différence étant significative au seuil de 5 %. Que penser d’un tel résultat ? Quelle est sa validité ? Il est possible de se faire une idée en regardant le tableau suivant :

Groupe A : m1 = 3,175, σ1 (écart type) = 0, 175

groupe B : m2 = 2,852, σ2 = 0, 478

S’agissant du test de Student, la validité du raisonnement repose de manière cruciale sur le fait que les écarts types sont du même ordre. Cette exigence est particulièrement forte lorsque les échantillons sont petits. Or ici, le rapport entre eux est supérieur à 3. Il n’était pas légitime d’appliquer le test de Student dans un tel cas. Le résultat obtenu n’a donc aucune valeur.

Même si les écarts types avaient été du même ordre, une expérience de pensée permet d’apprécier la fragilité du résultat : si un seul individu du groupe B avait eu un score augmenté de seulement 1, la moyenne aurait augmenté de 1/15, soit 0,07 environ ; c’est-à-dire que m2 serait passé à 2,92, ce qui est très proche de m1…

4. Que conclure ?

Ma conclusion est simple : les statistiques existent, elles apportent souvent des résultats déterminants. Il convient cependant de les utiliser avec parcimonie, au service d’une argumentation et de n'utiliser que des procédures que l'on maîtrise (ou qui sont garanties par un tiers compétent). En particulier pas de graphiques non commentés se contentant de présenter différemment les résultats de tris croisés, du respect pour les chiffres significatifs et pour la bonne utilisation des procédures de test…

5. Références

LANGOUËT, G., & Porlier, J. -. C. (1998). Mesure et statistique en milieu éducatif. Paris : Esf Editeur.

MOSCOVICI, Serge ; BUSCHINI, Fabrice[ dir.] (2003). Les méthodes en sciences humaines. Paris : PUF. - 476 p. - ISBN : 2 13 053066 4.

POITEVINEAU., Jacques (2004). L'usage des tests statistiques par les chercheurs en psychologie : aspects normatif, descriptif et prescriptif. Mathématiques & sciences humaines, (167), 5 - 24. Retrouvé Novembre 2, 2009, de http://msh.revues.org/document2900.html  

QUIVY, Raymond ; CAMPENHOUDT (Van), Luc (1995). Manuel de recherche en sciences sociales. Paris : Dunod. 287 p. - ISBN : 2 10 002656 9.

VAN DEN MAREN, Jean-Marie (1996). Méthodes de recherche pour l'éducation. Bruxelles: de Boeck Université. - 502 p. - ISBN : 2-8041-2364-2.



24
sep 09
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Les informations qui suivent sont susceptibles de modifications qui seront annoncées sur le site de cours :

 30/09/09 : Une modification !

http://gl.baron.free.fr/cours

 

date début duree sujet_previs
jeu. 08 oct. 2009 14:00 3:00 Evolutions dans les pratiques et usages des TIC. Tendance dans les recherches sur l étude des activités instrumentées d apprentissage.
jeu. 15 oct. 2009 14:00 3:00 Des politiques publiques aux pratiques pédagogiques. Approche historique du cas français.
jeu. 22 oct. 2009 14:00 3:00 L efficacité des technologies : une question mal posée. Perspectives et enjeux

Séance commune avec P6
jeu. 29 oct. 2009     La question des compétences enseignantes. Points de vue récents.

Séance commune avec P6
jeu. 05 nov. 2009 14:00 3:00 Enjeux didactiques des environnements logiciels
jeu. 12 nov. 2009 14:00 3:00 Pas de cours
jeu. 26 nov. 2009 14:00 3:00 Théories et modèles de la technologie éducative (1)
jeu. 10 déc. 2009 14:00 3:00 Programmation didactique et modèles récents de l activité d enseignement
jeu. 17 déc. 2009 14:00 3:00 Synthèse du cours

Mots-clés : master, recherche, TICE

24
sep 09
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Voici le programme prévisionnel du cours de M1, qui commencera le premier octobre à 8 heures.

 http://gl.baron.free.fr/cours/spip.php?article481

 

 Et voici l'adresse du site de cours MOODLE (ouverture prévue le 28 septembre 2009)

http://moodle.univ-paris5.fr/course/view.php?id=1648

Mots-clés : master 1 de sciences de l'éducation, TICE

12
sep 08
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Le processus de lancement de la modalité à distance de la licence de sciences de l'éducation se poursuit.

 Il y aura examen des candidatures reçues dans la semaine du 15 septembre et une réunion d'accueil des étudiants intéressés aura lieu le samedi 20 septembre à partir de 9h 30 dans une salle à préciser au 2e étage du bâtiment Jacob.

Que ceux et celles qui sont intéressé-e-s envoient avant lundi 15 septembre au soir leur candidature à moi même et au service de la scolarité (zohra.seghir@parisdescartes.fr).

 Vous pouvez également visiter le site de la faculté: http://www.shs.univ-paris5.fr/spip.php?article2107

 

Mots-clés : enseignement A Distance, modalise

26
aoû 08
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Depuis le mois de juillet, la réflexion sur le lancement d'une modalité à distance de la licence de sciences de l'éducation a progressé.

Un article, publié sur le site de la faculté de sciences humaines et sociales- Sorbonne, qui donne des précisions sur le fonctionnement et la mise en œuvre de cette modalité.

http://www.shs.univ-paris5.fr/spip.php?article2107

 Ce billet  en reprend certains éléments relatifs aux modalités d'inscription :

La demande d’inscription argumentée accompagnée d’un curriculum vitae doit m'être envoyée avant le 10 septembre 2008.

Une réunion d'information, dont le compte-rendu sera envoyé sur demande, est prévue le samedi 21 septembre à 9:30. Le début des cours est prévu le 11 octobre 2008.

11
jui 08
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En 2008-2009, est proposée une modalité d’enseignement à distance de la licence de sciences humaines et sociales, mention sciences de l’éducation.

Elle s’adresse aux personnes travaillant à temps complet dans l’éducation, la formation, l’intervention socio-éducative ou médico-sociale. Elle est aussi accessible aux personnes en situation de handicap et aux sportifs de haut niveau.

Attention, cet enseignement ne pourra être ouvert qu’à partir d’un effectif de 15 étudiant-e-s et dans la limite de 25.

Les personnes intéressées sont invitées à prendre contact avant le 15 septembre 2008 avec Georges-Louis Baron