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Les billets :: Vie universitaire


03
fév 09
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Le 3 février, la Conférence des Présidents d'Université publie "Faut-il avoir peur des présidents d'université ?", un texte supposé rassurer les enseignants chercheurs quant à la réforme de leur statut (http://www.cpu.fr/Actualites.240.0.html?&no_cache=1&a). S'adressant au petit chaperon rouge, ou aux trois petits cochons, le grand méchant loup n'aurait pas trouvé de mots plus justes.

Avec une feinte naïveté, contrefaisant leur voix, les trois petits présidents demandent : "Sont-ils donc devenus si puissants ces présidents d’université depuis la Loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (LRU)? Le président est pourtant un enseignant-chercheur, chercheur ou assimilé, élu par les membres élus du conseil d’administration (eux-mêmes élus par l’ensemble de la communauté universitaire)." Précisément. Le président est bien un enseignant chercheur qui a laissé de côté sa "toge d'universitaire" (http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3232,50-1), et a abandonné la recherche et l'enseignement. Parfois même, il n'a été que chercheur, n'a jamais vu de près un étudiant, ni connu la difficulté, pourtant enthousiasmante, de partager son temps entre les cours et la recherche. S'il est de plus exclusivement préoccupé par des classements internationaux fondés sur la recherche, il y a là de quoi inquiéter, à juste titre, les composantes de formation, et tous les enseignants chercheurs qui ne veulent pas que leur recherche serve exclusivement à enrichir leur université, mise en compétition avec les autres, et qui ne veulent pas que leur enseignement soit considéré comme simple variable d'ajustement.

Les présidents continuent : "le projet de texte actuel, loin de renforcer le pouvoir du président et du conseil d’administration, l’encadre en fixant [...] l’impossibilité d’attribuer un service supérieur au service statutaire si « les activités d’un enseignant-chercheur sont favorablement évalués par le CNU » (donc par les pairs) et « la possibilité pour un enseignant-chercheur de demander un nouvel examen » du service proposé auprès du conseil des études et de la vie universitaire (CEVU) et du conseil scientifique (CS). Où est donc le pouvoir exorbitant du président de l’université, avec tant de garanties et de recours ?" Il est vrai que les garanties sont impressionnantes. Rien n'oblige le président à suivre l'avis du CNU. Rien. Certainement pas une "évaluation favorable", dont personne ne connaît les critères. Pas même la "charte de bonne conduite" qu'ils vont sans doute proposer (http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5guV3qBrxDl). Certaines composantes savent déjà très bien ce que c'est qu'une charte de bonne conduite. Les IUT, dont le fonctionnement est plus que jamais menacé, sont prétendument protégés par un tel texte, au statut incertain (http://www.sudouest.com/pays-basque/actualite/article/491635/mi). Ils ont déjà pu voir les présidents prendre soin, dans leur impuissance, de fouler aux pieds cette charte si protectrice. Il y a des enseignants chercheurs dans les IUT : ils ne se laisseront pas rassurer par une charte. On ne fait pas deux fois le coup de la grand mère au petit chaperon rouge. Heureusement : grâce au réexamen par les différents conseils, CEVU, CS, dont on sait bien que la LRU et les statuts de chaque université garantissent l'absolue indépendance vis à vis du pouvoir présidentiel, il est vrai que l'on se sent soudain rassuré.

Ce n'est pas terminé : "Les présidents d’université ont constaté que plusieurs des mesures contenues dans le projet de modification du décret de 84 entraîneront des charges supplémentaires pour les établissements, notamment l’équivalence entre les travaux pratiques et les travaux dirigés. Ces charges nouvelles, associées aux actuelles suppressions et aux redéploiements d’emplois constituent un contexte problématique pour la mise en œuvre de la modulation des services, contexte qui incite à la prudence, car cette dernière ne doit pas être appliquée dans une perspective de gestion comptable." Quelle clairvoyance : là, enfin, on peut parler d'impuissance. Quel sera en effet le seul moyen, pour les présidents d'université, de gérer la pénurie devant laquelle le Ministère de l'Enseignement supérieur est en train de les placer ? Rendus impuissants par le manque de moyens, ils n'auront d'autre levier que l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants (http://www.challenges.fr/politique_economique/20090203.CHA0660/u), et pour les enseignants chercheurs, l'augmentation du nombre d'heures d'enseignement. La prudence ici évoquée laissera place à l'urgence, à l'absolue nécessité. Le paragraphe, notons-le, est un peu moins rassurant que les autres. Les maux de gorge du grand méchant loup l'empêchent de garder longtemps sa voix de fausset.

Péroraison. "Les présidents d’université sont d’abord des universitaires soucieux de l’indépendance de l’université et des universitaires, mais aussi soucieux de permettre à tous d’exercer leur métier avec la liberté indispensable à la transmission des savoirs et à la production des connaissances." François Fillon, lui, au moins, a su être clair dans le Monde daté de ce jour. Il n'a pas cherché à changer de voix. "Il faut que la réforme du statut des enseignants-chercheurs voie le jour. Les présidents d'université doivent pouvoir recruter librement et arbitrer entre temps de recherche et temps d'enseignement." (http://mobile.lemonde.fr/politique/article/2009/02/02/francois-f) Sont-ils si puissants, ces présidents d'université ? Ce sont eux qui "recruteront", en se moquant bien de l'avis des pairs, et qui "arbitreront" les services, d'enseignement et de recherche, chaque année, semestre par semestre comme l'indique le projet de décret. Liberté pour les présidents. Totale. Aucune liberté pour les enseignants chercheurs. Aucune possibilité de décider de son engagement, dans la recherche, dans l'enseignement. Comment peut-on oser défendre, au nom de la liberté, cette "flexibilité" au fil des carrières, dont on sait par avance, pour les universitaires comme pour tous, qu'elle ne laissera pas de place à la liberté ?

Quant à l'émouvant argument de ces présidents qui voudront revenir, à la fin de leur mandat, à l'enseignement et à la recherche, il fait peu sourire. Combien seront-ils, ceux qui n'iront pas rejoindre un cabinet ministériel qu'ils auront bien servi, ceux qui ne partiront pas à la retraite, après avoir détruit pierre par pierre l'université qu'ils auront connue(http://www.lesechos.fr/info/france/4820813-pecresse-exhorte-le) ?

Oui, plus que jamais, il faut avoir peur des présidents d'université. Ils l'affirment, le répètent, le clament dans les textes dont, avec la Ministre, ils nous inondent : ils ne sont pas à nos côtés.

On voit icy que de jeunes enfans,
Sur tout de jeunes filles,
Belles, bien faites et gentilles,
Font tres-mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange
S’il en est tant que le loup mange.
Je dis le loup, car tous les loups
Ne sont pas de la mesme sorte :
Il en est d’une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans couroux,
Qui, privez, complaisans et doux,
Suivent les jeunes demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles.
Mais, hélas ! qui ne sçait que ces loups doucereux
De tous les loups sont les plus dangereux !

 

Mots-clés : décret de 84, enseignant-chercheur, lru

16
déc 08
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Constatant :

- •Les vives inquiétudes et le mécontentement croissant de l'’ensemble des personnels des universités ;
•- Que la politique gouvernementale consiste en une déréglementation généralisée de l'’enseignement supérieur, conduit au désengagement de l'’État et remet en cause le statut et les conditions de travail de l'’ensemble des personnels, enseignants et non enseignants ;
- Que le contenu de la lettre de la ministre de l’enseignement supérieur aux présidents d’'université datée du 11 décembre 2008 (des moyens « consolidés » au plan national dans un contrat interne d'’objectifs et de moyens décliné dans chaque université sur la base d'’une «charte de bonne conduite ») ne garantit aucunement la définition nationale du DUT
et le fléchage national des moyens par le ministère ;

L’'assemblée générale des personnels de l'IUT Paris Descartes, certaine que la survie des IUT est intimement liée à la défense de l’'Université et des diplômes nationaux, adopte à l’'unanimité les demandes suivantes :

- •Le maintien du réseau IUT et de ses instances nationales (CCN, CPN), garantissant la définition nationale des programmes, des modalités pédagogiques (effectifs des groupes TD et TP définis nationalement par spécialités, PPN élaborés par les CPN) et des volumes horaires du diplôme national de DUT

- •Le maintien d’'un fléchage « national » des moyens financiers et humains pour les IUT : dotation en postes statutaires (enseignants et non enseignants) et budget directement attribués par le Ministère aux IUT ; ce fléchage ne doit pas être soumis à contrat, mais garanti par un texte réglementaire national, la « charte de  bonne conduite » proposée
par le ministère étant notoirement insuffisante•

-La reconnaissance du coût spécifique des études technologiques et le maintien des moyens permettant la mise en œoeuvre effective de ces programmes pédagogiques nationaux dans l'’ensemble des Instituts Universitaires de Technologie

- •La garantie de l'’affectation aux IUT de leurs ressources propres (droits d’inscription, taxe d'’apprentissage, formation continue, alternance, apprentissage, etc.), et que soient garantis des moyens suffisants à toutes les composantes de l’'université

- •Avec les autres composantes et conformément à la position unanime de l’AG du 17 novembre 2008, l'’abandon des réformes du statut des personnels enseignants-chercheurs, et de la mise en place d’une gestion individualisée des personnels par chaque université.


L'’AG s'’associe à la mobilisation étudiante du mardi 16 décembre 2008.